Visite de la délégation espagnole du réseau Baladre , le 18 juin, à la veille de l’été

11 Jul 2016

ETS avait contacté des partenaires  espagnols dans la perspective de monter un projet avec différents partenaires de Creil pour développer plus de jardins en liaison avec des structures sociales. Le réseau Baladre était intéressé, il travaille contre l’exclusion sociale et au sein de certains projets, comme à Salamanque ou à Malaga, il y a des jardins collectifs en marche. Nous avons accueilli une délégation de cinq personnes de ce réseau  le 18 juin, à l’occasion de leur déplacement vers l’Allemagne.

 

Manolo Saez Bayona est investi depuis plus de vingt ans dans le réseau Baladre. Il est le coordinateur de la lutte contre le chômage, la pauvreté et l’exclusion sociale. Aujourd’hui, il sensibilise et défend la mise en place d’un revenu universel d’existence à travers le réseau Baladre.

 

Roberto Mesa agit au sein de la « Assemblea Canaria por el reparto de la riqueza », où il informe et sensibilise les habitants sur la thématique de la répartition de la richesse via une radio communautaire « Radio pimienta ». Face à l’augmentation  des surfaces bâties aux Canaries, il mène également des actions pour la défense de la terre.

 

Ruth Lopez est investie dans une coopérative en agroécologie, mène des actions concernant l’exclusion sociale et en particulier pour les travailleurs sans logements. Le collectif a investi un habitat inoccupé et au fil du temps, a construit un centre social de quartier à l’intérieur. A Irun (Pays Basque), une parcelle d’1ha de terre aux abords du centre social permet la culture de légumes pour les coopérateurs.

 

Mariano travaille avec Ruth Lopez dans le centre social occupé de la ville d’Irun. Ils mènent des actions d’informations et de dénonciation sur l’accès aux droits auprès des habitants. Il lutte activement contre le projet de TGV et use de ses compétences en informatique pour le réseau Baladre.

 

Aida Morales mène des actions au sein du collectif ZAMBRA (Initiatives pour l’action sociale). Elle mène des actions sur le développement social et communautaire, l’exclusion sociale, la place de la femme dans la société. Le collectif informe les étudiants des universités sur ces thématiques, a créé une ligne d’édition et porte également un projet de jardin partagé, à Malaga, en Andalousie.

 

Vous trouverez les informations sur le réseau Baladre sur leur site : http://coordinacionbaladre.org/ .

 

Nous avons échangé sur nos projets, et organisé leur rencontre avec des représentantes du groupe Saveurs d’Ailleurs  du Centre Social Georges Brassens.

 

                         Photo : ETS

 

Nous leur avons fait découvrir notre spécialité locale, les rouleaux de printemps, en les préparant ensemble le midi dans notre local.  Puis nous avons été reçus par Emmanuel Crucifix à Cauffry pour une présentation de la ferme. Cette année, les conditions climatiques, pluie, températures basses, manque de lumière, ont déréglé aussi bien les cycles de production végétale, avec les aubergines qui ont des fruits avortés, que les poules qui pondent beaucoup moins. Les bottes que nous avions emportées n’ont pas servi car les sols détrempés n’ont pas permis la visite des parcelles.

 

Nous avons ensuite échangé collectivement : l’idée était de partager expériences et visions sur la situation en France et en Espagne sur différents sujets comme l’exclusion sociale, l’accès au logement, aux droits sociaux, le travail et l’emploi, l’alimentation,…et plus largement la loi travail, et les mouvements sociaux.

 

                      Photo : ETS

 

Nous avions convié à cet effet différentes personnes pouvant témoigner des actions sur le Creillois notamment. Nous étions une vingtaine autour de la table pour cette rencontre. Nous avons pu ainsi parler d’Interm’Aide, qui a un rôle de médiation entre les habitants et les institutions, de l’organisation Réseau d’Education Sans Frontières  soutenant les sans-papiers, de l’association Pas sans nous, qui veille à ce que les habitants aient toute leur place dans les décisions qui les concernent. Sur la thématique agricole et alimentaire, l’association les Amis de la Confédération Paysanne, les AMAP et Terre de liens, ont pu aussi être présentés ou représentés Attac Oise a complété ce tour de table par sa vision politique des rapports entre travail et capital comme clé de compréhension de la « crise » socio-économique et politique actuelle, tant française qu’internationale, avec la lutte emblématique relative au TAFTA.

 

Nous avons pris la mesure des différences historiques ou structurelles entre Espagne et France : le franquisme reste dans les esprits, les identités régionales culturelles sont très présentes. Si l’entrée  de l’Espagne dans l’Union Européenne a permis un appui au développement économique durant trente ans, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le chômage et l’accès au logement sont au centre des préoccupations. La couverture sanitaire et sociale est moindre qu’en France, par exemple, l’aide sociale équivalente au RSA n’existe que dans le Pays Basque, et dans la  péninsule ibérique, les frais dentaires au-delà de l’intervention d’urgence ne sont pas remboursés. L’accès au pouvoir de Podemos, est à double tranchant car le mouvement social  de ce fait reste en retrait, et il semblerait que Podemos n’ait finalement que peu de marge de manœuvre dans le contexte politique actuel.

 

Le réseau Baladre s’est développé de façon totalement horizontale, l’idée étant de sortir d’une logique pyramidale, au pouvoir descendant, et de tisser des liens entre organisations « de base » car pour eux, les relations et réflexions à ce niveau sont moins investies, travaillées, qu’au sein de structures organisées  plus grande échelle. Ce réseau  ouvre des espaces de convergence entre initiatives existantes, croisant différents domaines, comme le social, le logement, l’alimentation …, et ceci va de pair pour eux avec la remise en cause des logiques capitalistes et patriarcales.

Les convergences relatives à l’injustice sociale sont malheureusement bien visibles au sein de cet échange hispano-français que nous avons eu : montée de l’exclusion dans les quartiers en difficulté avec ses risques de racisme exacerbé, atomisation de l’emploi et aggravation des conditions de travail pour les professions de service à la personne par exemple,  problème d’accès alimentaires, complexité des démarches administratives.

 

Dans ses fondamentaux, ETS œuvre pour la réappropriation alimentaire citoyenne, et ceci dans une vision forcément transversale, incluant l’équité sociale. Nous avons travaillé en 2015 sur les filières solidaires alimentaires. Force est de constater que notre  modèle social et économique a engendré y compris dans les pays européens des problématiques similaires à celle des pays dits du Sud, lorsqu’il s’est agi de faire face à des situations de faim ou de sous-nutrition. C’est-à-dire notamment un système d’aide alimentaire qui, s’il est nécessaire, ne modifie pas les causes du problème. De multiples expériences émergent pour prendre en charge, avec les moyens du bord, l’autoproduction alimentaire. Nos invités du réseau Baladre ont pu témoigner de cette dynamique dans la péninsule ibérique.

 

Le bilan de leur visite ici a été positif, elle a permis échanges et prises de contact. Vous êtes les bienvenus pour les rencontrer en Espagne. Si cela vous intéresse n’hésitez pas à nous contacter et nous vous mettrons en contact avec eux.

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