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Manger sainement à moindre coût

19 Oct 2016

Manger sainement à moindre coût

 

Ce thème est récurrent dans nos échanges et débats avec tous les publics. Dans une société en proie à des difficultés économiques, il est logique que l’alimentation soit soumise à des contraintes de cet ordre. Pour autant, aller dans le sens du « toujours moins cher » ne fait-il pas écran à d’autres questions ?

 

L’économie de marché a accouché du consommateur, qui n’est pas un adjectif, mais un concept réduisant l’être humain à une fonction, celle d’acheteur de produits au sein d’un  marché. Marketing, packaging, argumentaire récurrent du prix imbattable, canalisent et conditionnent le dit « consommateur ». Dans ce contexte, on ne parle que de prix final pour lui, et on occulte le cout économique, social, sanitaire et environnemental de l’aliment retrouvé sur les gondoles, en fin de chaine de la filière alimentaire.

 

Par exemple, si les externalités positives des produits biologiques (comme la réduction des frais de dépollution) étaient prises en compte,  le bio est-il vraiment si cher au regard de la question sanitaire et environnementale ?

 

Les caractéristiques nutritionnelles des aliments ne font pas l’objet d’une pédagogie adaptée en direction du consommateur, du fait de la résistance de certains acteurs majeurs de l’agroalimentaire comme  l’ANIA notamment (Association Nationale des Industries Alimentaires) qui s’est opposé au changement de l’étiquetage des produits transformés (voir film les alimenteurs*). Dans ce système, il n’y a que peu de repères pour que le consommateur perçoive l’alimentation de manière globale et donc puisse raisonner ses achats fonction de l’équilibre alimentaire : l’offre conduit en effet  à un assemblage d’achats effectués bien souvent sur des critères d’attractivité, de facilité ou de prix.  L’impact sur la santé des aliments transformés est rarement indiqué.

 

Face à cette complexité, que faire en tant qu’acheteur de produits alimentaires ?

Les personnes qui le souhaitent peuvent se frayer un chemin pour faire leurs choix d’achats avec d’autres logiques, comme acheter en vrac, cuisiner des produits bruts, locaux, et même biologiques, réduire l’alimentation carnée On observe une évolution en hausse des achats alimentaires en particulier des produits biologiques (source agence bio*). Dans les leviers favorables au changement, la question de l’impact  individuel sur  la santé est certainement plus concrète, les reportages récurrents sur les effets néfastes de certains aliments, comme la récente émission sur les nitrites alertent la population. On constate qu’en effet 89% des français choisissent leurs aliments pour rester en bonne santé (étude Ethicit*)

 

La situation se complexifie encore du fait de la précarisation économique en augmentation, conduisant une partie de la population à dépendre de l’aide alimentaire. Celle-ci est mise en œuvre grâce à la mobilisation majoritairement associative face aux besoins. Or la « filière » d’aide alimentaire s’appuie surtout sur les dons de la  grande distribution, avec une vraie carence en produits frais. Et l’on sait aujourd’hui que cette population est davantage exposée à des problèmes de santé (étude ABENA*). Dans ce cas, quels choix alimentaires favorables à leur santé laisse-t-on vraiment à ces personnes ?

 

C’est pourquoi, loin de nous l’idée de nous situer en donneur de leçons quelconque.

Nous sommes régulièrement au contact du «grand public» lors de nos ateliers de sensibilisation, et nous constatons que de plus en plus de personnes se questionnent, ont envie de recuisiner, de faire du jardin…Ces rencontres sont des opportunités pour informer nos interlocuteurs, les faire réfléchir sur leurs habitudes alimentaires et les ouvrir au changement via des expériences concrètes, et des propositions adaptées.

De plus, nous travaillons sur des projets collectifs qui vont démultiplier les cercles vertueux, tant au niveau des pratiques alimentaires que des systèmes alimentaires.

 

Donc manger sainement, oui !                  

A moindre coût pour la planète, oui !        

En contournant les systèmes non durables, et OUI, en faisant son possible en fonction de ses propres contraintes !

 

Claire Tauty

 

 

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